
Les sciences CM1 2026 ne se résument pas à apprendre des définitions ou à mémoriser des connaissances. Avec l’entrée en vigueur du nouveau programme de sciences et technologie à la rentrée 2026-2027, les élèves sont amenés à observer, questionner, expérimenter, rechercher, modéliser et progressivement construire une véritable culture scientifique.
Pour l’enseignant, l’enjeu est donc de proposer des situations qui donnent envie de comprendre le monde qui nous entoure.
Et si l’on commençait par ce que les élèves connaissent déjà ?
Un objet du quotidien, une invention, une découverte scientifique ou une technologie familière peuvent constituer d’excellentes portes d’entrée pour susciter une question : Comment cela fonctionne-t-il ? Pourquoi cette invention a-t-elle été créée ? Qu’est-ce qu’elle a changé ?
Voici quelques pistes pour rendre l’enseignement des sciences au CM1 plus concret, tout en restant fidèle aux objectifs du nouveau programme.
Que prévoit le nouveau programme de sciences CM1 en 2026 ?
Le nouveau programme de sciences et technologie du cycle 3 a été publié au Bulletin officiel n°24 du 11 juin 2026. Il entre en application au CM1 dès la rentrée 2026-2027. Le CM2 et la 6e passeront à leur tour au nouveau programme à la rentrée 2027-2028.
Le programme s’organise autour de quatre grands domaines :
- La matière, le mouvement et les signaux ;
- Les êtres vivants dans leur environnement ;
- Le corps humain et la santé ;
- Les objets techniques au cœur de la société.
Cette organisation ne signifie toutefois pas que les domaines doivent être enseignés comme des blocs totalement séparés. Les ressources officielles montrent au contraire que des liens peuvent être construits entre eux, notamment dans le cadre de démarches de projet.
Le programme accorde également une place importante aux démarches scientifiques et technologiques. Les élèves sont amenés à observer, manipuler, expérimenter, rechercher, modéliser et confronter leurs hypothèses aux résultats obtenus.
C’est une idée essentielle à garder en tête lorsqu’on prépare une activité de sciences : faire des sciences, ce n’est pas seulement connaître la réponse ; c’est aussi apprendre comment on peut chercher une réponse.
1. Partir du monde réel pour susciter les questions
Les ressources officielles insistent sur l’importance de partir de situations concrètes, du vécu des élèves et de leur environnement proche. Observation, mesure, manipulation et expérimentation occupent ainsi une place importante dans les propositions pédagogiques associées au programme.
Cette approche est particulièrement intéressante au CM1.
Plutôt que de commencer directement par une définition, on peut par exemple montrer un objet, poser une question ou présenter une situation qui intrigue les élèves.
Pourquoi un avion peut-il voler ?
Comment un téléphone permet-il de communiquer avec quelqu’un qui se trouve très loin ?
Pourquoi certains matériaux sont-ils utilisés pour fabriquer un objet plutôt que d’autres ?
Comment une invention répond-elle à un besoin ?
Ce type de question n’a pas pour objectif de transformer chaque séance en grand projet scientifique. Il permet simplement de donner un contexte aux connaissances que les élèves vont progressivement construire.
Cette logique de départ à partir d’une question peut d’ailleurs être transposée à d’autres disciplines. En histoire, par exemple, une séquence peut elle aussi être construite autour d’une question qui guide progressivement les apprentissages. Pour découvrir cette démarche, consultez notre article Séquence histoire CM1 : comment construire une séquence avec le nouveau programme 2026 ?.
2. Utiliser les inventions pour faire le lien entre sciences et quotidien
Les élèves utilisent chaque jour des objets et des technologies dont ils connaissent parfois très bien l’usage sans savoir comment ils sont apparus ou pourquoi ils fonctionnent de cette manière.
Une invention peut donc constituer un excellent point de départ pour une activité.
Prenons l’exemple du téléphone.
On peut commencer par demander aux élèves ce qui permet de transmettre une information à distance. Puis comparer différents moyens de communication et s’interroger sur leur évolution.
L’objectif n’est pas nécessairement de raconter toute l’histoire des télécommunications. Il s’agit plutôt d’utiliser un objet familier pour faire émerger des questions scientifiques et technologiques.
La même démarche peut être utilisée avec de nombreuses inventions : l’imprimerie, le microscope, l’appareil photographique, l’avion ou encore différents outils permettant d’observer ou de mesurer le monde.
Dans ce cadre, une ressource comme 50 Inventions qui ont changé le monde peut constituer un prolongement intéressant. Le livre présente cinquante inventions et permet d’aborder leur histoire de manière visuelle et accessible.
Il ne s’agit évidemment pas d’une ressource imposée par le programme, ni de remplacer l’expérimentation par une lecture ou une activité de coloriage. Elle peut plutôt servir de support culturel complémentaire, pour faire découvrir une invention, lancer une recherche ou prolonger une notion étudiée en classe.
3. Raconter l’histoire derrière une invention
Une autre manière de rendre les sciences plus concrètes consiste à montrer que les objets que nous utilisons aujourd’hui sont le résultat d’une longue histoire.
Une invention n’apparaît pas toujours soudainement.
Elle peut être précédée par d’autres objets, d’autres découvertes ou d’autres tentatives. Elle peut aussi être améliorée au fil du temps pour répondre à de nouveaux besoins.
Cette perspective permet de faire comprendre aux élèves qu’une technologie n’est pas simplement un objet posé devant eux : elle est aussi le résultat de connaissances, de choix techniques et de besoins humains.
Une activité peut alors suivre une logique très simple :
Un besoin → une idée → des essais → une solution → des améliorations.
Cette approche peut notamment être intéressante lorsque l’on travaille sur les objets techniques et leur place dans la société.
Elle permet aussi de développer la curiosité des élèves : qui a imaginé cette solution ? Quel problème cherchait-on à résoudre ? Qu’est-ce qui existait avant ?
4. Ne pas oublier les scientifiques derrière les découvertes
Les inventions ne racontent cependant qu’une partie de l’histoire des sciences.
Derrière les connaissances scientifiques se trouvent aussi des femmes et des hommes qui ont observé, expérimenté, calculé, formulé des hypothèses et parfois remis en question les connaissances de leur époque.
Faire découvrir quelques grandes figures scientifiques peut donc contribuer à construire une culture scientifique plus large.
Un scientifique peut devenir le point de départ d’une recherche documentaire :
- Qui était cette personne ?
- À quelle époque vivait-elle ?
- Quel problème cherchait-elle à résoudre ?
- Quelle découverte ou quel travail lui est associé ?
- Comment ses travaux ont-ils été utilisés ou prolongés ?
Cette approche permet également de rappeler aux élèves que les sciences sont une activité humaine, construite progressivement.
C’est aussi une occasion de diversifier les modèles scientifiques présentés aux élèves.
Pour prolonger ce travail, Les Grands Esprits de la Science peut être utilisé comme ressource complémentaire pour faire découvrir différents scientifiques et leurs contributions.
Là encore, l’objectif n’est pas d’ajouter une nouvelle liste de personnages à mémoriser. Le livre peut simplement servir de support à une découverte, à une recherche ou à une activité de réinvestissement.
5. Faire une frise des inventions et des découvertes
Une frise chronologique peut également donner une dimension très concrète à l’histoire des sciences et des technologies.
Les élèves peuvent par exemple placer quelques inventions ou découvertes sur une ligne du temps.
L’intérêt n’est pas de mémoriser une cinquantaine de dates.
La frise permet plutôt de visualiser l’évolution des connaissances et des technologies et de comprendre qu’elles s’inscrivent dans une histoire.
On peut demander aux élèves :
Qu’est-ce qui existait déjà lorsque cette invention est apparue ?
Qu’est-ce qui a changé ensuite ?
Plusieurs inventions ont-elles contribué à rendre une technologie possible ?
Ce travail permet de développer la capacité à se situer dans le temps, tout en donnant une dimension historique aux sciences.
6. Faire comparer le « avant » et le « après »
Une activité très simple peut également consister à comparer une situation avant et après une invention.
Comment communiquait-on avant les moyens de communication modernes ?
Comment observait-on des objets invisibles à l’œil nu avant certains instruments scientifiques ?
Comment se déplaçait-on avant certaines technologies ?
Cette comparaison permet aux élèves de comprendre qu’une invention ne se résume pas à son fonctionnement technique : elle peut aussi modifier les pratiques humaines.
Cela peut également conduire à s’interroger sur les conséquences d’une innovation : améliore-t-elle toujours la vie quotidienne ? Quels nouveaux besoins ou problèmes peut-elle créer ?
Ces questions peuvent être adaptées à l’âge des élèves et permettre d’introduire progressivement une réflexion sur la place des sciences et des techniques dans la société.
7. Faire chercher les élèves plutôt que donner immédiatement la réponse
Une activité scientifique peut être beaucoup plus intéressante lorsque l’élève a une raison de chercher.
Le nouveau programme insiste sur les démarches scientifiques : les élèves peuvent formuler des hypothèses, les confronter aux observations et aux résultats d’expériences et apprendre progressivement à raisonner.
Il n’est donc pas nécessaire que chaque activité commence par une explication de l’enseignant.
On peut parfois commencer par :
« Que pensez-vous qu’il va se passer ? »
Puis :
« Comment pourrait-on le vérifier ? »
Et enfin :
« Que nous apprend le résultat ? »
Cette démarche permet de faire comprendre que l’on ne valide pas une idée simplement parce qu’elle semble plausible.
L’observation et l’expérimentation permettent de confronter les hypothèses au réel, tandis que la recherche documentaire peut apporter d’autres éléments de réponse lorsque l’expérience n’est pas la bonne méthode pour répondre à la question posée.
8. Garder une trace des expériences et des recherches
Les sciences ne se passent pas uniquement à l’oral ou dans la manipulation.
Les traces écrites ont également toute leur place.
Il peut s’agir, selon l’activité :
- d’un dessin d’observation ;
- d’un schéma ;
- d’un tableau de résultats ;
- d’un texte descriptif ;
- d’une hypothèse ;
- d’une conclusion.
Les ressources d’accompagnement précisent qu’il n’existe pas une forme unique de trace écrite à imposer : celle-ci dépend notamment du type d’investigation et du niveau des élèves.
L’important est que la trace conserve une partie du raisonnement réalisé.
Une fiche de sciences peut ainsi garder la mémoire de la démarche :
Question → hypothèse → expérience ou recherche → résultats → conclusion.
Cette structure aide également les élèves à comprendre que la connaissance scientifique se construit progressivement.
9. Donner une place aux femmes scientifiques
Le programme et ses ressources d’accompagnement accordent une attention à la question de l’égalité entre les filles et les garçons et invitent notamment à lutter contre les stéréotypes dans les sciences et la technologie.
Cela peut être très concret en classe.
Lorsqu’une découverte ou une invention est étudiée, pourquoi ne pas chercher également à savoir qui a contribué à son développement ? Une courte biographie, une photographie, une citation, un travail documentaire ou un portrait peuvent suffire à donner un visage aux sciences.
L’enseignant peut notamment veiller à présenter des femmes scientifiques aux côtés des hommes, afin de montrer aux élèves que les découvertes scientifiques et les innovations ont été et continuent d’être le fruit de parcours très divers.
Le but n’est pas de créer une séance supplémentaire à chaque fois, mais de diversifier progressivement les modèles scientifiques présentés aux élèves. Une scientifique peut ainsi devenir le point de départ d’une courte recherche documentaire, d’une présentation orale ou d’une activité de lecture.
Une ressource comme Les Grands Esprits de la Science peut servir de support complémentaire pour faire découvrir aux élèves des scientifiques issus de différentes disciplines et de différentes époques, en veillant à bien mettre en avant les femmes scientifiques présentes. dans le livre.
10. Et les coloriages dans tout ça ?
Une activité de coloriage n’a évidemment pas vocation à remplacer l’observation, la manipulation, l’expérimentation ou la recherche documentaire.
Elle peut cependant trouver une place intéressante en complément d’une séquence de sciences, notamment pour prolonger une découverte, réactiver certaines connaissances ou proposer une activité autonome aux élèves qui terminent leur travail avant les autres.
Après avoir découvert une invention ou un scientifique, un élève peut par exemple poursuivre avec une activité calme autour de ce thème.
50 Inventions qui ont changé le monde peut ainsi prolonger une séquence consacrée aux objets techniques ou à l’histoire des innovations, tandis que Les Grands Esprits de la Science peut accompagner la découverte de scientifiques et de leurs contributions.
L’objectif n’est donc pas d’utiliser le coloriage comme simple « récompense » pour les élèves rapides, mais de proposer, lorsque cela a du sens, une activité autonome, culturelle et en lien avec les apprentissages.
Cela peut être particulièrement utile dans une classe où les élèves ne terminent pas tous leurs activités au même rythme.
Pendant que l’enseignant accompagne les élèves qui ont encore besoin d’aide, ceux qui ont terminé peuvent poursuivre une activité qui reste cohérente avec l’univers de la classe.
Comment construire une activité de sciences CM1 autour d’une invention ?
Pour préparer une activité, on peut finalement partir d’une structure très simple :
1. Partir d’un objet ou d’une situation familière.
2. Poser une question qui permet de faire émerger les représentations des élèves.
3. Faire formuler des hypothèses lorsque cela est pertinent.
4. Observer, manipuler, expérimenter ou rechercher.
5. Comparer les résultats et les interpréter.
6. Construire une connaissance ou une conclusion.
7. Garder une trace de ce qui a été appris.
8. Proposer éventuellement une activité de réinvestissement.
Cette démarche est cohérente avec l’esprit du nouveau programme : les élèves apprennent progressivement à pratiquer des démarches scientifiques et technologiques plutôt qu’à recevoir uniquement des connaissances déjà constituées.
Pour aller plus loin : les sciences comme une histoire que l’on peut raconter
Rendre les sciences plus concrètes ne signifie pas simplifier les connaissances ou transformer chaque séance en activité ludique.
Il s’agit surtout de donner aux élèves des raisons de chercher et de comprendre.
Une invention peut partir d’un besoin. Une découverte peut répondre à une question. Une expérience peut permettre de départager deux hypothèses. Un scientifique peut avoir consacré des années à résoudre un problème.
Toutes ces histoires permettent de montrer que les sciences ne sont pas une collection de réponses à mémoriser : elles sont aussi une manière de questionner le monde.
Le nouveau programme de sciences et technologie du cycle 3 s’inscrit justement dans cette perspective. Il vise à construire des connaissances et des compétences scientifiques et technologiques, à initier les élèves aux démarches scientifiques et technologiques et à développer une attitude responsable fondée sur les connaissances.
Pour un enseignant de CM1, cela ouvre donc de nombreuses possibilités : observer, expérimenter, construire, chercher, raconter, comparer et relier les connaissances au monde réel.
Et parfois, partir d’une invention ou d’une grande figure scientifique suffit à donner envie aux élèves de poser la question la plus importante de toutes :
« Mais comment est-ce que cela fonctionne ? »
Pour en savoir plus
Vous préparez la rentrée 2026 et souhaitez approfondir les nouveaux programmes du cycle 3 ? Retrouvez également nos autres articles consacrés aux programmes et aux ressources pédagogiques :
- Nouveaux programmes sciences CM1 2026 : ce qui change pour les enseignants du cycle 3 pour découvrir les principales évolutions du nouveau programme et ses objectifs.
- 50 inventions qui ont changé le monde : apprendre autrement au cycle 3 pour découvrir une approche visuelle et culturelle des grandes inventions et de leur histoire.