Séquence histoire CM1 : comment construire une séquence avec le nouveau programme 2026 ?

Construire une séquence histoire CM1 demande de partir des objectifs du programme pour organiser progressivement les connaissances, les documents et les activités proposés aux élèves. Avec l’entrée en vigueur du nouveau programme d’histoire au CM1 à la rentrée 2026-2027, cette réflexion est particulièrement importante pour les enseignants qui préparent leur progression.

Publié au Bulletin officiel n°22 du 28 mai 2026, le nouveau programme d’histoire-géographie entre en application en CM1 à la rentrée 2026-2027 et propose une nouvelle organisation des apprentissages et donne une place particulièrement importante au questionnement, à l’étude de documents, aux repères historiques et à l’initiation à la démarche de l’historien. [1]

Pour les enseignants, une question se pose donc très concrètement : comment transformer le nouveau programme d’histoire CM1 en véritables séquences d’apprentissage ?

La bonne nouvelle est que le programme fournit déjà une structure précieuse. Chaque thème est organisé autour d’une question, d’objectifs d’apprentissage, d’attendus et de repères. Le rôle de l’enseignant consiste ensuite à construire une progression cohérente permettant aux élèves de répondre progressivement à cette question.

Que prévoit le nouveau programme d’histoire CM1 en 2026 ?

Avant de construire une séquence, il faut bien connaître la nouvelle architecture du programme.

En CM1, l’histoire est désormais organisée en quatre thèmes :

  • Thème 1 : La vie quotidienne au Moyen Âge (XIe-XIIIe siècles) ;
  • Thème 2 : La monarchie en France (XVIe-XVIIe siècles) ;
  • Thème 3 : Explorations et conquêtes par les Européens du XVe au XVIIe siècle ;
  • Thème 4 : 1789, une année révolutionnaire en France.

Le programme répartit ces thèmes sur les cinq périodes scolaires : le premier thème occupe les deux premières périodes, le deuxième les deuxième et troisième périodes, le troisième la quatrième période et le dernier la cinquième période. [1]

Cette organisation constitue donc une base pour construire la programmation annuelle, mais une programmation n’est pas encore une séquence.

Une séquence doit transformer un thème général en un parcours d’apprentissage compréhensible pour les élèves.

1. Partir de la question du programme

C’est probablement le changement le plus intéressant pour construire une séquence en CM1.

Le nouveau programme indique explicitement que la « question » formule l’axe de traitement du thème et que la séquence doit apporter une réponse à cette interrogation. [1]

Autrement dit, au lieu d’empiler des leçons sur un sujet historique, on peut construire une séquence autour d’un véritable problème à résoudre.

Prenons par exemple le thème consacré à la monarchie en France.

La question du programme est :

« Comment la monarchie française s’est-elle affirmée et transformée ? »

La séquence peut alors être pensée comme une enquête progressive.

Les élèves vont découvrir des documents, observer des représentations, situer des personnages et des événements dans le temps, confronter leurs observations et construire progressivement une réponse.

Cette logique donne davantage de cohérence aux séances : chacune apporte un élément permettant de répondre à la question de départ.

2. Définir précisément ce que les élèves doivent apprendre

Une fois la question choisie, il faut distinguer deux choses : les connaissances à acquérir et ce que les élèves devront être capables de faire.

Le programme 2026 structure les objectifs notamment autour de verbes comme « connaître » et « comprendre ». Les attendus précisent ensuite les actions que l’élève doit pouvoir réaliser à la fin de la séquence. [1]

Prenons le thème de la construction du royaume de France.

Les élèves doivent notamment pouvoir repérer les grandes étapes de cette construction à partir de cartes, décrire la cérémonie du sacre, citer différents moyens utilisés par les rois pour affirmer leur autorité et situer certaines dynasties et figures historiques dans le temps. [1]

Cela donne immédiatement des pistes pour construire les séances.

Une séquence efficace ne devrait donc pas seulement chercher à faire mémoriser une liste de dates ou de personnages. Elle doit également permettre aux élèves de situer, décrire, comparer, expliquer, mettre en relation et utiliser des documents.

3. Construire une progression plutôt qu’une succession de leçons

Une séquence peut comporter plusieurs séances, mais celles-ci doivent avoir une logique.

Par exemple, pour travailler sur la monarchie française, on pourrait imaginer une progression de ce type :

Séance 1 – Se situer dans le temps

Réactivation des grands repères chronologiques et découverte de la période étudiée.

Séance 2 – Observer et questionner

Étude d’un ou plusieurs documents permettant d’entrer dans le sujet : représentation d’un roi, cérémonie, château, carte historique ou autre source pertinente.

Séance 3 – Comprendre

Mise en relation de plusieurs documents afin de comprendre comment l’autorité monarchique s’affirme.

Séance 4 – Les grandes figures

Étude de personnages permettant d’incarner les connaissances : rois, mais aussi figures féminines mentionnées par le programme.

Séance 5 – Organiser les connaissances

Construction d’une trace écrite, d’une frise ou d’une production graphique.

Séance 6 – Réinvestir et évaluer

Les élèves répondent à la question de départ en mobilisant les connaissances et compétences travaillées.

Il ne s’agit évidemment pas d’une progression imposée par le ministère : c’est un exemple de construction pédagogique. Le programme laisse à l’enseignant le choix des modalités concrètes de mise en œuvre.

4. Faire des documents de véritables outils d’apprentissage

Le nouveau programme accorde une place importante à l’étude des documents.

L’objectif n’est pas simplement de distribuer un document puis de demander aux élèves de répondre à quelques questions. Le travail consiste à apprendre progressivement à prélever des informations, formuler des hypothèses, mettre en relation le document avec les connaissances et exercer son esprit critique. [1]

Cela peut donner lieu à des activités très différentes :

  • observer une peinture ou une enluminure ;
  • analyser une photographie d’un monument ;
  • étudier une carte historique ;
  • comparer deux représentations ;
  • travailler à partir d’un texte ;
  • identifier ce que permet réellement de savoir une source ;
  • distinguer ce que montre un document de ce que l’on peut en déduire.

Cette dernière compétence est particulièrement intéressante en histoire : un document n’est pas simplement une « illustration » du cours. Il devient une source à questionner.

Le programme rappelle d’ailleurs qu’à l’issue du cycle 3, l’élève doit commencer à questionner les traces du passé et à réfléchir à la fiabilité des sources, notamment numériques. [1]

5. Ne pas oublier la frise chronologique

La frise chronologique reste un outil essentiel en histoire.

Le nouveau programme précise qu’elle aide les élèves à visualiser le temps long, à organiser les événements les uns par rapport aux autres et à mémoriser les périodes et faits historiques en comprenant leur enchaînement. [1]

Elle peut donc accompagner toute la séquence plutôt que d’apparaître uniquement à la fin.

Au début d’une séquence, les élèves peuvent y situer la période étudiée. Au fil des séances, de nouveaux repères viennent s’ajouter.

Cette approche permet de construire progressivement une représentation du temps historique.

Pour le CM1, cela est particulièrement utile puisque l’année conduit les élèves du Moyen Âge aux événements de 1789.

6. Donner une place aux grandes figures historiques

L’histoire devient souvent plus concrète pour les élèves lorsqu’elle est incarnée par des personnages.

Le nouveau programme lui-même prévoit, dans le thème consacré à la construction du royaume de France, la mémorisation de plusieurs figures, parmi lesquelles Philippe Auguste, mais également des figures féminines telles qu’Aliénor d’Aquitaine et Blanche de Castille. [1]

C’est une excellente occasion de sortir d’une histoire uniquement organisée autour de quelques souverains célèbres.

Une séance consacrée à une figure historique peut permettre de travailler simultanément :

  • les repères chronologiques ;
  • le vocabulaire historique ;
  • la lecture de documents ;
  • la compréhension d’une période ;
  • la capacité à raconter ;
  • la mémorisation.

C’est précisément dans cette logique que les ressources de Portraits d’Histoire peuvent trouver leur place dans une séquence.

Un portrait peut servir de point de départ à une recherche, de support à une activité de mémorisation ou de réinvestissement en fin de séquence. L’objectif n’est pas de remplacer l’étude historique par un coloriage, mais de proposer une activité complémentaire qui permet de réactiver et de fixer certaines connaissances.

De la même manière, Femmes d’Histoire peut être particulièrement intéressant lorsque l’on souhaite donner davantage de visibilité aux femmes qui ont marqué différentes périodes historiques.

Le coloriage peut alors devenir un temps de consolidation : pendant que l’élève colorie le portrait, il peut retrouver une date, un événement, un lieu ou quelques informations essentielles étudiées précédemment.

7. Varier les modalités de travail

Le nouveau programme ne demande pas de choisir entre « cours magistral » et « activité des élèves ».

Il présente au contraire plusieurs modalités complémentaires : étude de documents, étude d’un sujet ou d’une question conduite par le professeur et temps de récit. [1]

C’est une nuance importante.

Un bon équilibre peut consister à alterner :

Observer → questionner → chercher → expliquer → raconter → mémoriser → réinvestir.

Le récit historique a notamment toute sa place lorsqu’il permet de rendre une période ou une réalité passée plus vivante et plus accessible aux élèves. Le programme précise que le récit peut être oral, écrit ou graphique. [1]

Une séquence d’histoire CM1 peut donc parfaitement associer un temps de récit du professeur, une étude de documents, une activité individuelle ou collective, une frise et une activité de réinvestissement.

8. Prévoir une véritable trace des apprentissages

La trace écrite ne devrait pas être pensée comme une formalité de fin de séance.

Le programme indique que le cahier ou le classeur doit rendre compte du travail réalisé, conserver les documents et supports utilisés et distinguer les écrits de travail des écrits validés. Il doit aussi contribuer à stabiliser les savoirs et à aider les élèves à mémoriser et réactiver les connaissances. [1]

Une séquence peut donc progressivement construire un véritable dossier historique.

On peut y retrouver :

  • la question de départ ;
  • quelques documents essentiels ;
  • une frise ;
  • les mots-clés ;
  • les repères historiques ;
  • les productions des élèves ;
  • une trace écrite finale.

L’élève voit ainsi comment une réponse historique se construit.

9. Terminer par une réponse à la question de départ

C’est probablement l’un des meilleurs moyens de vérifier la cohérence d’une séquence.

À la fin, revenez à la question posée au début.

Les élèves sont-ils maintenant capables d’y répondre ?

Peuvent-ils utiliser les repères étudiés ?

Peuvent-ils expliquer avec leurs propres mots ?

Peuvent-ils mobiliser un document ?

Peuvent-ils replacer les événements dans le temps ?

L’évaluation peut alors porter non seulement sur les connaissances mémorisées, mais également sur les compétences travaillées pendant la séquence.

Cela correspond à l’esprit du nouveau programme, qui articule connaissances et compétences et cherche à familiariser progressivement les élèves avec les démarches propres à l’histoire. [1]

Une méthode simple pour construire vos prochaines séquences d’histoire CM1

Pour résumer, avant de préparer une nouvelle séquence, posez-vous ces sept questions :

1. Quelle est la question du programme ?

2. Quelle réponse les élèves doivent-ils être capables de construire ?

3. Quelles connaissances doivent-ils acquérir ?

4. Quelles compétences doivent-ils exercer ?

5. Quels documents permettront réellement de comprendre le sujet ?

6. Quels repères doivent être mémorisés et situés dans le temps ?

7. Comment vérifier, en fin de séquence, que les élèves peuvent répondre à la question initiale ?

Cette méthode permet d’éviter un piège fréquent : transformer un thème historique en simple succession de petites leçons.

Le nouveau programme invite au contraire à construire des apprentissages progressifs, à questionner les documents, à faire vivre les repères et à donner du sens aux connaissances.

Et les activités de coloriage dans tout ça ?
Séquence histoire CM1 avec le nouveau programme 2026

Une activité de coloriage n’a bien entendu pas vocation à remplacer l’analyse historique, la lecture de documents ou le travail de mémorisation.

En revanche, elle peut trouver une place pertinente en complément d’une séquence structurée, notamment pour réactiver les connaissances, travailler autrement les grandes figures historiques ou proposer une activité autonome aux élèves qui terminent leur travail avant les autres.

Avec Portraits d’Histoire, les élèves peuvent ainsi prolonger l’étude d’une personnalité rencontrée pendant la séquence. Femmes d’Histoire permet quant à lui d’élargir cette approche en mettant en lumière des femmes ayant joué un rôle dans différentes périodes et domaines.

L’intérêt est alors de faire du coloriage un moment de consolidation plutôt qu’une activité déconnectée du cours.

Sources officielles

[1] Ministère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel n°22 du 28 mai 2026, programme d’histoire-géographie du cycle 3. C’est la source principale utilisée pour les thèmes du CM1, les questions, les objectifs, les attendus, les repères et les principes pédagogiques du nouveau programme.
Consulter le Bulletin officiel n°22 du 28 mai 2026

[2] Éduscol — Ressources d’accompagnement du programme d’histoire et géographie au cycle 3. Cette page officielle précise notamment que le nouveau programme publié au BO n°22 entre en application en CM1 à la rentrée 2026-2027, puis en CM2 et en 6e à la rentrée 2027-2028. Elle propose également les ressources d’accompagnement destinées aux enseignants.
Consulter les ressources d’accompagnement Éduscol

[3] Ministère de l’Éducation nationale — Arrêté du 22 avril 2026. Texte réglementaire établissant notamment l’entrée en application progressive du nouveau programme d’histoire-géographie du cycle 3.
Consulter l’arrêté officiel

Pour en savoir plus

Vous préparez la rentrée 2026 et souhaitez aller plus loin ? Retrouvez également nos autres articles consacrés aux nouveaux programmes et aux ressources pédagogiques pour le cycle 3 :

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